Adidas dans les années 90: popularité des superstars décryptée

En 1996, Adidas occupe la première place sur le marché européen des baskets, un secteur alors dominé par la montée en puissance du streetwear. Les modèles à coque, initialement conçus pour le basketball, dépassent largement leur fonction première, s’imposant comme un choix incontournable dans les cours de récréation et sur les plateaux télé.

Le phénomène ne se limite pas à une adoption par les sportifs ou les fans de hip-hop. Dès la fin des années 90, ces chaussures deviennent un marqueur générationnel, traversant les clivages sociaux et culturels pour s’inscrire durablement dans la culture urbaine.

Les années 90 : quand les baskets Adidas Superstar dictaient la tendance

Paris, New York, Strasbourg : la Adidas Superstar s’impose sur tous les terrains. Née en 1969 sur les parquets, elle échappe vite à sa vocation première pour incarner la culture urbaine des années 90. Les trois bandes blanches, symbole d’un style affirmé, sont adoptées par 75 % des basketteurs de la NBA dans les années 70, puis par les lycéens et b-boys qui électrisent les rues d’Ivry ou les trottoirs de Brooklyn au rythme du breakdance.

L’explosion du phénomène arrive avec Run-DMC. Le collectif new-yorkais, Superstar sans lacets aux pieds, dynamite les codes. “My Adidas” (1986) devient un hymne. L’accord à un million de dollars signé avec Adidas marque un tournant : la rue, le hip-hop et la marque ne font plus qu’un. Des clips télé jusqu’aux plateaux de variétés, la basket se propage, incarnant la pop culture et une nouvelle forme d’affirmation sociale. Les skateurs s’en emparent, les passionnés recherchent les éditions fabriquées à Dettwiller. La Superstar, loin d’être une mode fugace, s’enracine durablement.

Au fil des années, elle s’invite dans toutes les tenues, du casual au plus pointu. À Paris, elle rivalise avec le cuir des blousons et le denim oversize. À Marseille, elle traverse les couloirs des lycées. Couleurs, customisations, éditions collaboratives : chaque paire devient une histoire à part entière. La basket s’affirme comme signe de ralliement, support d’expression, parfois même objet de spéculation parmi les amateurs de sneakers vintage.

Buffalo Liberty, la renaissance inattendue d’une icône des années 2000

On ne l’attendait plus. La Buffalo Liberty, après avoir marqué la mode au tournant du millénaire, refait surface là où on la croyait disparue. Elle gagne les dressings les plus pointus, reprend du service sur les podiums, s’invite à la fashion week. Son épaisse semelle compensée, signature inimitable, raconte une autre facette de la pop culture.

Au début des années 2000, la Buffalo Liberty brillait sous les projecteurs, portée par des stars pop. Aujourd’hui, son retour intrigue : la semelle XXL, bien plus qu’un détail, capte de nouveau l’attention. Les stylistes s’en emparent, la jeunesse s’en amuse, tandis que les réseaux sociaux amplifient la tendance. Ce retour baskets s’appuie sur des matières revisitées, des couleurs vives, des collaborations inattendues.

Pourquoi ce retour maintenant ? Difficile de ne pas voir une part de nostalgie, mais ce n’est pas tout. La Buffalo Liberty joue avec les codes et les détourne. Elle attire non seulement les nostalgiques, mais séduit aussi une génération en quête de singularité et de références. La basket s’impose comme pièce phare du vestiaire actuel. Elle traverse les styles, les regards, les époques, sans jamais perdre son impact. La Buffalo le démontre : la mode n’aime rien tant que les retours imprévisibles.

Comment les sneakers ont transformé la mode des jeunes depuis deux décennies ?

La sneaker a conquis tous les espaces : des couloirs de lycée aux bureaux, en passant par les défilés. Depuis les années 2000, le streetwear a imposé ses propres règles. L’ombre de la Adidas Superstar plane sur chaque bitume, symbole d’une identité urbaine revendiquée et d’une affirmation sociale pour une jeunesse qui rejette la monotonie.

Dans la rue, la basket devient vecteur de personnalité : rien n’est laissé au hasard, de la coque emblématique des Superstar aux lacets larges, clin d’œil aux B-boys et skateurs. Les collaborations se multiplient, du hip-hop à la haute couture, dessinant un paysage où la nostalgie et le goût du neuf se rencontrent. Les réseaux sociaux accélèrent le mouvement : une édition limitée fait le tour du globe, un look se répand, une Superstar customisée s’échange à prix fort sur le marché du sneaker vintage.

Le phénomène dépasse largement Adidas. Nike et Puma se livrent aussi à la bataille, mais la Superstar conserve une aura particulière : elle traverse les générations, séduit aussi bien les collectionneurs que les nouveaux venus, parfois même dans des versions véganes pour répondre à l’attention portée à l’environnement. La jeunesse s’approprie la basket comme un objet de désir, un marqueur d’identité, un terrain d’expérimentation. Plus qu’un simple accessoire, la sneaker occupe aujourd’hui une place centrale dans la garde-robe, symbole d’inventivité et de distinction.

Deux jeunes femmes en street fashion des années 90 dans la ville

Les baskets rétro sont-elles vraiment de retour dans les dressings actuels ?

La nostalgie s’invite partout, discrète mais persistante, jusque dans les boutiques et sur Instagram. La Adidas Superstar, née sur les parquets avant de conquérir la rue, fait de nouveau sensation sur les pavés parisiens et dans les collections privées. Les modèles anciens, repérés aux pieds de Pharrell Williams, Jennie (BLACKPINK) ou Missy Elliott, s’échangent sur le marché des sneakers vintage à des prix impressionnants. Prada, Disney et d’autres multiplient les collaborations, du plus sobre au plus excentrique.

Effet de mode ou bascule durable ? Les chiffres ne trompent pas : la Superstar, déclinée en éditions limitées, répond à la soif de personnalisation. Les plateformes de revente voient passer des modèles des années 90, parfois intacts, parfois patinés par l’histoire. Les collectionneurs partent à la chasse au coloris rare ou à la collaboration confidentielle.

Ce renouveau ne s’arrête pas à Adidas. Nike fait revivre la Air Jordan et la Blazer, Puma dépoussière ses icônes, et les défilés automne-hiver n’hésitent plus à remettre le rétro au goût du jour. La Superstar, elle, se pose à la croisée des chemins entre nostalgie et affirmation contemporaine. Aujourd’hui, la basket rétro ne se contente plus d’un clin d’œil : elle s’impose comme manifeste, référence, pivot d’un style qui ne choisit pas entre passé et présent.

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